Zébulon et Azalée sont sur leur nuage. Cyprien gazouille, commence à découvrir le monde autour de lui et a surtout commencé à comprendre l’usage de la laiterie maternelle. La vie est encore toute simple pour ce petit bonhomme.
Zébulon n’étant toujours pas inscrit sur le Grand Registre en tant que père de Cyprien, il n’est pas possible de produire l’acte de reconnaissance de paternité demandé par la Maternité. Et pourtant depuis la Vierge Marie, il n’y a pas eu beaucoup d’enfants qui sont nés sans père… Comment est-ce donc possible dans le royaume du Pays de Vaud? Il doit y avoir de la magie là dedans.
Or par une circonvolution mentale qui échappe à Zébulon du Pain et Azalée d’Epice, les Mages ont produit une loi datant de Mathusalem, à une époque pas si lointaine où une femme du royaume ne pouvait pas gérer son propre compte en banque, et prétendent que seule Azalée peut donner son nom à Cyprien. Il devrait donc s’appeler Cyprien d’Epice.
Pourquoi Cyprien ne pourrait-il pas porter son vrai nom de famille? Pourquoi les Mages nient-il le rôle de Zébulon dans la conception et l’éducation de Cyprien? Comment est-ce que Zébulon pourra-t-il chercher son fils à la garderie, à l’école ou passer des frontières si celui ci ne porte pas son nom? Et surtout pourquoi les Mages sauraient-il mieux que la mère ce qui est dans l’intérêt de l’enfant?
Dans des royaumes alentours, plus civilisés, les parents peuvent choisirent librement le nom que portera leur enfant. Selon le principe évident que les parents sont plus à même de savoir ce qui est dans l’intérêt de l’enfant que des Mages dans leur Tour qui n’ont jamais vu cet enfant et n’ont aucune idée de sa situation familiale.
Vont-il le priver une nouvelle fois de son père? Faudra-t-il choisir entre l’injustice du nom de famille prononcée par des Mages ultra-conservateurs ou l’injustice fiscale des couples mariés qui payent beaucoup plus d’impôts pour un revenu identique? Voilà un dilemme bien étrange en verité.
Plutôt que priver Cyprien de ressources en versant l’argent disponible pour son éducation au payement d’impôts supplémentaire à un royaume qui ne se soucie guère de ses jeunes sujets, Zébulon et Azalée choisissent donc l’injustice du nom de famille comme cheval de bataille. Et décident de baptiser leur fils du nom de du Pain d’Epice pour la vie de tous les jours afin qu’il ait aussi un père comme dans les royaumes voisins, autrement plus civilisés. Et tant pis si les Mages persistent dans leur cuisine conservatrice interne et persistent à l’appeler d’Epice tout court.
Mais Zébulon et Azalée sont ils devenus fous? Sont-ils prêts à affronter le terrible courroux des Mages et de leurs nains conservateurs? Vous l’apprendrez bientôt!